Notre histoire

Au milieu des années 1980, des citoyens de Sainte-Élisabeth, agriculteurs pour la plupart, se sont engagés dans une aventure humaine inédite. Aucun d’entre eux ne pouvait prévoir que leur projet de solidarité avec un petit village malien allait transformer leurs vies tout comme celle de milliers d’Africains. 

En 1984 et 1985, des familles d’agriculteurs de Sainte-Élisabeth reçoivent 14 stagiaires de Jeunesse Canada Monde par année, tous et toutes des jeunes Canadiens et Maliens. À la suite de leur séjour, les familles d’accueil souhaitent garder le contact avec leurs nouveaux amis africains. Elles mandatent les responsables du stage afin de tenter une relation de jumelage entre Sainte-Élisabeth et la bourgade du Mali qui allait les accueillir. Le hasard choisit Sanankoroba, un village à 35 kilomètres au sud de la capitale Bamako, afin de recevoir cette belle invitation à la solidarité.

Depuis ce jour, l’histoire d’amitié entre Sainte-Élisabeth et Sanankoroba a grandi et s’est épanouie. Chaque année, des agriculteurs d’ici cultivent un champ prêté gratuitement. Les profits de la vente des céréales servent à financer une partie des projets initiés à Sanankoroba.

C’est ainsi que de nombreuses familles maliennes ont eu accès à des outils de production agricole plus performants, tels que des charrues, des bœufs de labour et des ânes. L’introduction de ces nouvelles méthodes a eu un grand impact : alors que le village souffrait régulièrement d’un déficit alimentaire, il a pu constituer des réserves et résoudre le problème de la faim.

Une fois la sécurité alimentaire atteinte, de nombreuses initiatives économiques ont permis aux hommes et aux femmes d’améliorer leurs conditions de vie. Les femmes ont pu diminuer leur temps et leur effort de travail lors du pilage des céréales par l’achat de moulins. Elles en sont devenues elles-mêmes les gestionnaires. De nos jours, les femmes de Sanankoroba gèrent un fonds de crédit de 40 000 $ qu’elles se prêtent pour la dynamisation d’entreprises économiques individuelles et collectives. Elles se sont organisées en coopératives de transformation et de commercialisation du beurre de karité.

En deux décennies, la population de Sanankoroba est passée de 4 000 à 10 000 habitants. Le village a été électrifié. La fréquentation scolaire a été multipliée par 10. On compte aujourd’hui 46 % de fillettes sur les bancs d’école, une proportion enviable pour le continent africain. En 2009, le village s’est « branché » sur le monde avec l’ouverture d’un premier « Cybercafé ».

Au-delà des statistiques, c’est la naissance de l’esprit citoyen qui est remarquable à Sanankoroba. Encouragées par leurs amis québécois, les différentes couches sociales du village se sont unies en un comité de développement nommé le « Benkadi ». Aujourd’hui, ce comité travaille côte à côte avec l’autorité municipale et le Conseil des Anciens pour partager les responsabilités du village entre tous les citoyens.

L’histoire de Sainte-Élisabeth et de Sanankoroba ne pouvait faire autrement que de susciter d’autres belles histoires de jumelage. En 2010, on comptait quatre autres partenariats entre des communautés de Lanaudière et des villages de la région de Sanankoroba : Saint-Félix-de-Valois avec Douban, Lanoraie avec Koniobla, la MRC de d’Autray avec la Commune de Sanankoroba et la MRC de Matawinie avec la Commune de Bougoula.

Depuis l’élection du premier Conseil communal à Sanankoroba, en 1999, le partenariat entre Des mains pour Demain et le Benkadi s’est étendu à la Commune, appuyé par la MRC de d’Autray. De nos jours, les quatre partenaires se donnent la main et réalisent ensemble les actions de développement du village.

Le comité Des Mains pour Demain a eu la chance de bénéficier de l’appui du programme international de la Fédération canadienne des Municipalités, à travers un financement de l’ACDI, pour poursuivre ses projets de formation, de stages et de transfert de connaissances. 

Sainte-Élisabeth est fière de son histoire d’amitié avec Sanankoroba. C’est une histoire qui a été racontée souvent dans les journaux, partout dans le monde, à la télévision, dans des films documentaires et dans des livres. À Sainte-Élisabeth, on la raconte aux enfants de l’école primaire. Ils entretiennent une correspondance avec les écoliers de Sanankoroba depuis le milieu des années 1990.

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