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Les formations

 

 

Les Maliens disent : « Un vieillard qui meurt, c’est comme une bibliothèque qui brûle. »

Rue Sainte-ÉlisabethSouleymane Traoré est président du comité d’embouche du Benkadi. Il ne mâche pas ses mots : « S’il n’y avait pas eu les formations de Des Mains pour Demain, le village ne se serait pas développé ainsi. »

Au cours des deux dernières décennies, les gens de Sainte-Élisabeth ont participé à un transfert de connaissances qui a véritablement permis aux Maliens de Sanankoroba d’accroître leur potentiel.

Souleymane Traoré explique : « Avant les formations, s’il y avait des travaux à exécuter, on pouvait être ensemble à 80 ou 100 personnes. Ceux qui bavardaient étaient deux fois plus nombreux que ceux qui mettaient la main à la pâte. Avec la formation, on a compris que ça ne valait pas la peine, il fallait désigner des gens, faire des horaires, distribuer le travail. Il y aurait moins de personnes, mais plus de travail. »

Chaque formation a été préparée sur mesure selon les besoins exprimés par les membres du Benkadi. Tous les ateliers ont visé le renforcement des capacités de gestion et d’administration des citoyens et, bien sûr, l’amélioration des techniques agricoles. On a voulu donner les bons outils pour que
Sanankoroba prenne en main son projet de société.

Souleymane TraoréEn 1995, Souleymane Traoré effectue un premier séjour au Québec. Il participe à une formation sur les processus décisionnels. Dix ans plus tard, il participe à une formation de « gestion axée sur les résultats ». Au retour à la maison, il transmet les formations à ses concitoyens, propageant ainsi les connaissances à la communauté.

Femmes du SanankorobaParmi les autres formations données à Sanankoroba, notons : l’art de planifier, de mettre en œuvre et d’évaluer des projets, l’animation et la tenue de réunion, le démarrage d’entreprise, la comptabilité, l’audit financier et les activités génératrices de revenus ainsi que l’éducation civique.

Ces ateliers, réservés au début à l’élite du Benkadi, ont par la suite été offerts à tous les membres, les lettrés comme les analphabètes. Les vieux du Benkadi ont même dit un jour : « Les amis de Sainte-Élisabeth ont fait la preuve qu’il est possible d’instruire des chiens avec des singes ! »

Les formations ont encouragé les femmes et les jeunes à s’engager pour leur village. Les formations ont inspiré bon nombre de personnes à démarrer leur petit commerce. Elles ont permis à certains d’accéder à des emplois dans des organismes. Elles ont convaincu les chefs de famille d’envoyer leurs enfants à l’école. Elles ont été le fer de lance du développement de Sanankoroba.

Djibril Samaké

Djibril SamakéDjibril Samaké a effectué un stage dans un garage automobile de Joliette en 1994. « Je ne peux pas qualifier ce que j’ai appris au Canada. Ç’a été une grande chose pour moi. Vraiment, je ne trouve pas les mots, c’est trop important ! », affirme-t-il.

Au Benkadi, Djibril Samaké est le délégué chargé des relations avec les Anciens. Au jour le jour, il répare des motos et des groupes électrogènes. Sa spécialisation sur les moteurs de moulin l’amène à se déplacer beaucoup : « Je suis sollicité dans d’autres villes aussi, comme Sikasso. On vient me chercher pour que je répare les moulins », dit-il.

C’est qu’au Québec, Djibril a donné un bon coup de barre à sa formation en mécanique. Il explique que « grâce à la formation, j’ai su maîtriser la mécanique et en faire mon seul et unique travail. Ça me permet de nourrir ma famille. »

Solange Tougas

Solange TougasSolange Tougas, la présidente du comité Des Mains pour Demain, porte en elle le rêve d’un monde meilleur. Au Québec, elle est active au sein de quelques conseils d’administration. Elle est coordonnatrice d’un organisme communautaire voué à l’alphabétisation des Lanaudois. Par le passé, elle a été tour à tour conseillère municipale et initiatrice de projets d’animation pour les jeunes de Sainte-Élisabeth.

« Je trouve cela important de m’engager chez-moi. Je trouve aussi cela important la coopération internationale », affirme-t-elle. C’est pourquoi elle suit les activités du jumelage et héberge régulièrement des Maliens dans sa famille.

Déformation professionnelle oblige, Solange organise des formations lorsque les Maliens viennent au Québec.

À chaque fois, son défi est de maintenir une relation d’égalité avec les participants : « L’aspect ‘nous avons le savoir’ est toujours présent, mais je tente de ne pas agir ainsi. Je leur demande : ‘Qu’est-ce que vous faites d’habitude ? Comment vous procédez ?’ Ils se rendent compte qu’au fond, ils l’ont le savoir. »

Le fait de travailler de près avec les partenaires maliens a permis à Solange de vivre de beaux moments interculturels : « Dans les formations, les Maliens nous donnent des exemples de leur vie quotidienne. J’en apprends toujours beaucoup ! », avoue-t-elle, en ajoutant que certaines situations l’amènent à se questionner et à changer ses manières de faire.

Les formations données par Des Mains pour Demain apportent beaucoup dans les deux sens !