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La solidarité engendre la solidarité

 

 

« Je souhaite que tous les jumelages de mon pays soient comme celui de Sainte‑Élisabeth et Sanankoroba. »
Alpha Oumar Konaré, ancien président du Mali.

André CoutuAndré Coutu est un enfant de Sainte-Élisabeth. Il est né et a vécu presque toute sa vie dans le rang Saint-Pierre. Aujourd’hui « exilé » à Saint-Félix-de-Valois, le village voisin de Sainte-Élisabeth, il n’en demeure pas moins fermement attaché à sa communauté d’origine.

En 1983, André et son épouse Ghislaine accueillent des Maliens. « Cette expérience-là nous est arrivée par hasard, sans qu’on s’y attende, sans qu’on la recherche. On s’est même fait tirer l’oreille. Mais en bout de ligne, ça a changé nos vies », affirme-t-il. André est membre du conseil d’administration depuis les tout premiers débuts. Il est allé au Mali plus d’une douzaine de fois.

1998 : la « crise du verglas » frappe Montréal et le sud du Québec. L’événement fait le tour du monde dans les bulletins de nouvelles tant l’ampleur de la catastrophe est grande. « Les Maliens ont entendu ça à la radio. Le Benkadi s’est réuni et ils se sont dit qu’il fallait nous envoyer de l’argent pour nous venir en aide. Eux, ils appelaient ça « une tempête de glace », raconte André.

En vérité, à Sainte-Élisabeth, il n’y avait aucun problème. Le comité Des Mains pour Demain a pourtant reçu 100 $. Une somme incroyable pour les Maliens ! André explique : « Si tu calcules que la plupart des Africains gagnent un ou deux dollars par jour, ça fait presque deux mois de salaire pour une personne ! »

Puisque les besoins étaient ailleurs qu’à Sainte-Élisabeth, l’argent a été envoyé au village de La Présentation, près de Saint-Hyacinthe. Ce village était parrainé par Sainte-Élisabeth qui y a envoyé des camions de bois de chauffage.  

« J’étais dans un salon funéraire et j’ai rencontré deux journalistes qui étaient membres de la famille en deuil. Quand je leur ai raconté cette histoire, celui de TVA nous a tout de suite invité pour le lendemain », raconte André. Avec Guy Lavallée, un autre membre de Des Mains pour Demain, il se lève donc aux petites heures et monte à Montréal. Guy sera en direct à TVA, à la célèbre émission matinale « Salut Bonjour ». Quand à André, il se retrouve simultanément à LCN, la chaîne de nouvelles continues.

« À partir de ce moment-là, notre histoire a fait le tour de la Terre », assure André. Un petit village malien avait « aidé » son partenaire canadien : il n’en fallait pas plus pour que des médias britanniques, français, japonais et américains reprennent l’histoire. « C’est cette histoire-là qui nous a mis sur la carte et qui a donné une grande envergure à notre jumelage », soutient André. 

L’histoire ne s’arrête pas là. En 1999, le gouverneur  général du Canada, l’honorable Roméo Leblanc, se rend à Sanankoroba. Il vient remercier la population de sa générosité envers le Québec. « C’est la première fois qu’un pays du Sud pense à venir en aide à un pays du Nord », déclare-t-il. À ses côtés, le président du Mali de l’époque, Alpha Oumar Konaré, constate les succès du partenariat entre Sainte-Élisabeth et Sanankoroba.

On reçoit ce que l’on donne. La solidarité a ceci de formidable qu’elle crée encore plus de solidarité.