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Truc 7 - Les accueillir

 

Les Maliens disent : « Une visite vaut mille lettres. »

Enfant de SanankorobaL’histoire du jumelage ne serait pas ce qu’elle est sans le soutien continu de la Fédération canadienne des Municipalités (FCM). À partir de 1990, cet organisme a financé les activités de développement mises en place par Des Mains pour Demain et par son équivalent malien le Benkadi.

Au cours des années, projet après projet, des fonds ont toujours été réservés pour faire venir au Québec nos partenaires maliens, notamment pour des échanges techniques.

Depuis les débuts du jumelage, une trentaine de Maliens ont séjourné au Québec dans le cadre des activités du partenariat. Certains sont venus plusieurs fois en raison de leurs responsabilités dans la communauté ou au sein de la mairie.

Parmi les activités qui les occupent ici, notons des formations, données par des bénévoles, en secrétariat et en gestion de projets. Certains effectuent des stages en entreprises, d’autres participent à des conférences d’élus.

Ces événements sont toujours l’occasion de renforcer les liens qui unissent nos communautés. Puisqu’ils sont logés dans des familles, les Maliens découvrent le mode de vie occidental. Ils partagent le quotidien de leurs hôtes et nouent des liens importants. Ils repartent chez eux enrichis de leur expérience et deviennent des agents de changement dans leur milieu.

Les hôtes québécois vivent eux aussi une expérience hors du commun. Il y a un choc culturel à surmonter. Plusieurs incompréhensions de départ s’aplanissent en cours de séjour. Au final, ce sont des moments stimulants parce qu’ils mettent au défi le confort habituel de la famille. Les Maliens donnent aussi à réfléchir sur notre propre mode de vie. Ils questionnent notre gaspillage et notre individualisme. Ils admirent notre sens de l’organisation et la propreté de notre territoire. Il y a tant à échanger et à découvrir avec eux.

Tous les comités de jumelage n’ont pas la chance d’avoir un bailleur de fonds tel que la Fédération canadienne des Municipalités. Il n’est donc pas évident d’affirmer qu’une étape importante d’un jumelage est de faire venir nos amis maliens chez-nous. Ça coûte cher.

Pourtant, il s’agit d’une façon de renforcer les liens et d’élargir la dimension citoyenne du jumelage à l’ensemble de la communauté. Dans les premières années, il faut penser à réserver des fonds à ce grand projet : payer un voyage à nos amis maliens, qui ne viendraient pas autrement.

Il faut renforcer la durabilité des liens d’amitié.

Fankélé Samaké

Fankélé SamakéFankélé Samaké, ou « Monsieur le maire » comme on l’appelle toujours, même s’il ne l’est plus, détient le record de visites au Canada.

En 1998, alors qu’il est secrétaire administratif du Benkadi, Fankélé séjourne pour la première fois à Sainte-Élisabeth et y suit une formation en gestion financière. Il reste ici un mois et à son retour, il transmet ses apprentissages aux trésoriers des différents comités de gestion du Benkadi.

En 2001, il revient pour officialiser les liens entre la Commune de Sanankoroba et la MRC de D’Autray. En 2004, il se spécialise dans la « gestion axée sur les résultats » au cours d’une autre formation. En 2006 : évaluation de l’impact de l’appui canadien au Mali. En 2008 : gestion des déchets et communications. En 2009 : conférence de la Fédération canadienne des Municipalités à Ottawa. Ouf !

Lors de ses séjours, Fankélé visite des écoles québécoises. Il parle de son pays aux enfants. Il leur permet de connaître la Différence avec un grand D. « Un enfant m’a demandé : est-ce que vous vivez dans  les arbres ? Un autre enfant m’a touché et m’a dit que ma peau ressemblait à celle d’un ours », se souvient-il. La présence d’un homme noir dans une école presque toute blanche contribue en effet à chambouler certains préjugés. 

« À chaque fois que je retourne, ça renforce ma vision du développement de Sanankoroba. Je reviens avec un nouveau souffle », affirme Fankélé Samaké, avant de conclure : « On ne peut pas changer le Mali à chaque fois que l’on revient du Canada, mais mon ambition, c’est de modifier tout ce que l’on peut à chaque fois. »

Alphonse Seydou Traoré

Pour vos photos de mariage à Sanankoroba, Alphonse Seydou Traoré est à votre disposition ! Le photographe de toutes les occasions – baptêmes, souvenirs, cartes d’identité – a pignon sur rue au village et offre de bons tarifs !

Alphonse est venu au Canada à deux reprises. Il a suivi des formations en gestion et en secrétariat qui, depuis plus de dix ans, ont fait une différence dans sa vie. C’est lui-même qui le dit : « Ça m’a beaucoup servi mon voyage au Canada. Quand j’ai fait la formation sur la gestion, ça m’a servi ensuite dans ma petite entreprise. »

Au fil des années, Alphonse a pu s’équiper d’une caméra 35mm Minolta et d’une 70mm Olympus. La photo numérique n’est pas encore accessible à Sanankoroba, mais les laboratoires de Bamako, où il fait développer ses pellicules, impriment ses épreuves en numérique.

Les affaires vont bien pour Alphonse. Doué d’un sens des affaires, il fait aussi la recharge des batteries dans son petit local, ce qui lui permet d’aller chercher des revenus supplémentaires.

« J’ai beaucoup de clients à Sanankoroba et jusque dans les villages environnants qui viennent se faire photographier », affirme Alphonse. Il est tellement occupé qu’il a moins de temps à consacrer au Benkadi, dans lequel il s’est beaucoup impliqué pendant plusieurs années.

Ses séjours au Québec ont eu beaucoup d’impacts sur Alphonse Seydou Traoré : « Être allé au Canada, ça a beaucoup changé ma vision du monde. Habiter au Canada, ça m’a aussi augmenté mon courage et ma confiance », conclut-il.

Marielle Boisjoly

« Je suis allée là en touriste ! », s’exclame Marielle Boisjoly, la présidente du comité Des Racines et des Fruits de Lanoraie. « José Leclair nous a organisé une visite éclair à Koniobla deux jours avant mon départ. Je suis repartie du village avec une demande de jumelage. » Il n’en fallait pas plus pour que Marielle attrape « la piqûre » !

Marielle BoisjolyC’était en 2006. Au début, des gens de Lanoraie manifestent un certain intérêt, mais le projet tarde à démarrer. La venue de Maliens dans la municipalité servira d’élément déclencheur.

« Ils sont venus dans le cadre des activités du 20ème anniversaire de jumelage entre Sainte-Élisabeth et Sanankoroba. Ils ont passé deux jours à Lanoraie et ont rencontré plusieurs comités. Ils ont participé à une soirée avec leurs boubous. Les gens de Lanoraie ont été fascinés », explique-t-elle.

Ces rencontres suscitent la motivation nécessaire pour créer un comité de citoyens. L’organisme acquiert ses lettres patentes en 2007 et fonctionne aujourd’hui avec un conseil d’administration de sept personnes très engagées.

Marielle est retournée à Koniobla en 2007 afin d’effectuer avec ses partenaires un sondage sur les besoins de la population. Elle a eu l’occasion de faire le tour des clans et de passer beaucoup de temps avec les anciens du village. Elle est revenue à Lanoraie avec un projet de développement dans sa valise.

En janvier 2010, Marielle Boisjoly retourne pour la troisième fois à Koniobla. Cette fois, elle n’est plus seule : trois membres de son comité l’accompagnent. Le jumelage de Lanoraie avec Koniobla a pris son envol.